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Le colza est une plante oléagineuse de la famille des crucifères (Brassicacées). Souvent reconnaissable à ses petites fleurs jaunes, cette culture est présente sur la quasi-totalité du territoire français.
Semé en août, le colza fleurit en avril et est récolté début juillet. Ses petites graines rondes et noires, contenues dans des siliques (très fines gousses) offrent de nombreuses possibilités d’utilisation : alimentation humaine, alimentation animale, énergie et chimie renouvelables.

Pourquoi le colza est-il indispensable à notre souveraineté alimentaire et énergétique ?

En France, les surfaces de colza ont diminué de 40% en 3 ans (2017-2020). Si la France reste le premier producteur européen de colza, la filière fait en effet face à plusieurs défis : la concurrence exercée par les filières d’oléagineux étrangères, les problèmes agronomiques renforcés par l’impact des sécheresses et le manque de cadre règlementaire stable au niveau national et européen.
En 50 ans, la France est devenue autonome pour une grande partie des huiles alimentaires qu’elle consomme, notamment grâce aux cultures de colza et de tournesol. Et en 35 ans, la France a également réduit de 30 % sa dépendance en matières premières végétales riches en protéines pour l'alimentation animale, alors que cette dépendance n’a été réduite en Europe que de 10 % en moyenne. La France a aujourd’hui parcouru la moitié du chemin : l’autonomie en protéines végétales est possible à l’horizon 2030.

Mais la France est toujours dépendante aux importations de matières végétales en provenance d’Amérique ou d’Asie, cultures parfois réalisées dans des conditions sociales et environnementales non autorisées en Europe. Pourtant, le développement de la sole d’oléagineux, et tout particulièrement du colza pour produire à la fois des protéines pour l’alimentation animale et des énergies renouvelables, a permis de réduire le taux de dépendance de la France à hauteur de 45 à 50 % en matières premières riches en protéines (MRP) alors qu’il reste de l’ordre de 70 % en Europe.

Le colza en France

chiffres clés du colza en france

Que fait-on avec les protéines de colza ?

 

Le colza, c’est surtout des protéines !

Si le colza est bien souvent connu pour son huile, il l’est moins pour sa richesse en protéines. Et pourtant, une fois l’huile extraite des petites graines noires, il reste une matière solide, riche en protéines, appelée le tourteau, destiné à l’alimentation animale.

composition graine de colza

 

Le tourteau représente 60 % de la graine de colza et constitue ainsi le premier marché en volume du colza, loin devant l’alimentation humaine. Ces tourteaux de colza, non OGM, sont consommés par les animaux d’élevage, ruminants, mais aussi les porcs et les volailles. En effet, la qualité nutritionnelle de ces matières premières en fait des éléments essentiels dans la formulation d’aliments pour animaux.

En 2019, la filière a ainsi produit près de 3 millions de tonnes de tourteaux non OGM destinés à l’alimentation animale, évitant ainsi les importations de tourteaux de soja étrangers.

La qualité de la protéine végétale du colza représente également une ressource durable pour les entreprises agro-alimentaires.

Que fait-on avec l’huile de colza ?

 

Quelques repères : avec 1 hectare de colza (pour un rendement moyen de 35 quintaux / hectare), la filière produit à partir des graines, pour les besoins nationaux :
• 500 litres d’huile alimentaire
• 1 900 kg de tourteaux pour les animaux d’élevage
• 1 000 litres d’huile destinée à la production de biocarburant incorporé dans le carburant fossile (ce qui évite d’importer 900 litres de gazole)
• 100 kg de glycérine végétale incorporée dans de nombreux produits du quotidien (peinture, colle, cosmétique, médicament, biolubrifiants…)

De l’huile alimentaire…
L’huile de colza est valorisée en alimentation humaine sous forme d’huile de table (riche en oméga 3), de margarines végétales, et est incorporée sous forme d’ingrédients dans de nombreux produits tel que des sauces, des plats préparés, des gâteaux, du pain…

Du biocarburant…
Mais l’huile de colza extraite des graines permet également de produire un biocarburant, une énergie renouvelable essentielle pour notre souveraineté énergétique.
Avec le biocarburant, le colza a permis de développer une énergie plus propre et plus durable, permettant en France une économie d’émission de CO2 de l’équivalent d’un million de véhicules (émet 60 % de gaz à effet de serre en moins que son équivalent issu du pétrole). La filière française de cette énergie renouvelable offre de nouveaux débouchés au colza grâce au coproduit obtenu par la production de cette énergie 100% végétale, la glycérine végétale.

De la chimie renouvelable…
Peinture, cosmétique, etc., la glycérine végétale issue de la fabrication de biocarburant à base de colza se retrouve dans de nombreux produits du quotidien. Elle est utilisée, par exemple, dans des produits cosmétiques et d’hygiène (shampoing, savon, crème, etc.).
Consommant initialement de la glycérine issue du pétrole, les industriels ont aujourd’hui à leur disposition une glycérine issue du végétal et donc renouvelable : tout cela est bon pour notre environnement !

En quoi le colza est-il bon pour l’environnement ?

 

Le colza joue un rôle très important dans la rotation des cultures. Avec ses racines profondes, il couvre le sol pendant près de onze mois, limitant ainsi son érosion, casse le cycle des maladies et des mauvaises herbes et capte l’azote présent dans le sol. Ce cycle long prépare une terre saine et aérée pour la culture suivante. La longévité du colza présente également un autre avantage : sa floraison précoce, qui en fait la première ressource alimentaire disponible pour les pollinisateurs à la sortie de l’hiver. Les fleurs de colza sont en effet riches en nectar et pollen : une particularité qui fait le bonheur des populations d’abeilles et favorise la production de miel. Le colza est d’ailleurs la première grande culture mellifère en termes de surface sur notre territoire et représente 9% de la production de miel en France*.

*Source : Observatoire de la production de miel et gelée royale FranceAgriMer 2020